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"Besoin d'être entendue,
nous sommes là pour vous"

Mélanie, 32 ans

Mon histoire commence une année après notre mariage, en juin 2008, avec mon mari on se sentait enfin prêt à fonder une famille.
J’ai donc stoppé la pilule que j’avais prise durant de nombreuses années, j’étais très très impatiente d’être enceinte, les mois passaient et toujours rien à l’horizon. Mon mari me disait de ne pas m’inquiéter, de laisser faire la nature, il a toujours su rester positif dans toutes les étapes de notre parcours. Au bout d’une année je suis allée consulter un gynécologue sur le conseil d’une amie. Un bilan a été effectué qui ne montrait rien de particulier, mais il m’a proposé d’approfondir les investigations en effectuant une laparoscopie exploratrice. Examen que je refusa, cela me terrifiais, je n’étais pas prête. Nous avons donc continué notre vie de tous les jours, entre travail, voyage, les amis, la famille.
Fin novembre 2010, les douleurs lors des menstruations ont commencé a apparaître, elles étaient supportables en prenant un anti-douleurs, je me disais que c’était normal, que mon corps éliminait les effets de la pilule. Début 2011, mon envie de bébé devenait presque une obsession, j’avais assez attendu, je suis donc allée consulter un gynécologue spécialisé dans la fertilité, on recommenca un nouveau bilan de fertilité beaucoup plus complet, et là le verdict tomba, j’étais atteinte d’une insuffisance ovarienne sévère et ma glaire cervicale produisait des anticorps contre les spermatozoïdes de mon mari, pas beaucoup de chance pour eux d’atteindre leur but. Cette nouvelle fut très difficile a accepter, d’autant que je n’avais que 31 ans. Mon gynécologue se voulait rassurant vu les possibilités qu’offre le monde de la procréation médicalement assistée.
Nous avons donc commencé les inséminations artificielles avec stimulations ovariennes, mes ovaires répondaient difficilement au traitement, on devait chaque fois augmenter les doses jusqu’à ce que mon gynécologue me confia que j’étais un cas rare et qu’il avait rarement vu cela. Ce fût une période assez difficile entre les rendez-vous hebdomadaires et les effets secondaires, mais nous sommes toujours restés positifs, soutenu par la famille et certains amis proches qui étaient au courant.
Les 3 inséminations ont été un échec et les douleurs de règles de plus en plus fortes, parfois insoutenables!!! Je prenais des anti-inflammatoires toutes les 6 heures précisemment afin de pouvoir vivre normalement. J’en parlais à plusieurs reprises à mon gynécologue en évoquant une possible endométriose (étant du milieu médical, je m’étais renseignée, documentée sur les divers symptômes que je présentais), il me répondais que c’était possible mais au vu de mes problèmes la seule solution était de faire une fécondation in vitro. Après de longues discussions avec mon mari nous avons accepté.
En février 2012, j’ai eu mon 1er transfert d’embryons, deux petits oeufs que j’ai couvé avec amour, les deux autres sont au frais dans un congélateur. Mes ovaires n’ont pas réussi à en produire plus, donc nous avions droit à deux tentatives. Après 15 long jours d’attente, les règles sont arrivées…une fois de plus…difficile de retrouver ma joie de vivre.
Je sentais que quelque chose ne fonctionnait pas dans ce corps…j’ai donc demandé une laparoscopie qui fut effectuée en mai, elle a révélé une endométriose de stade IV, je n’étais pas du tout étonnée. Après l’opération mon gynécologue m’informa qu’il était préférable de me mettre en ménopause artificielle en attendant le dernier transfert. J’avais décidé de laisser passer un peu de temps, profiter de l’été, de nos vacances…de pouvoir respirer un peu sans tous ces traitements. Et mon corps en avait besoin..je le sentais..il avait atteint ses limites! Je refusa donc le nouveau traitement, et par la même occasion je demanda le transfert de mon dossier chez un autre spécialiste pour obtenir un 2ème avis.
Début juillet, mon nouveau gynécologue me proposa une nouvelle laparoscopie a effectuer rapidement car d’après lui l’endométriose était encore trop présente pour un nouveau transfert…je refusa sa proposition, je ne me sentais pas prête pour une nouvelle opération 3 mois après la 1ère laparoscopie.
Le 29 juillet, après 1 semaine de retard…j’effectuais un test de grossesse, qui s’est avéré être positif..je n’en croyais pas mes yeux , et je n’oublierai jamais ce moment partagé avec mon mari un dimanche matin, les larmes aux yeux..j’étais enceinte!!! J’ai remercié mon corps que j’ai bien fait d’écouter….
A ce jour, je suis sur un petit nuage mais je n’oublie pas…je sais que cette maladie si sournoise me laisse tranquille le temps de ma grossesse…et je souhaite me battre au sein de cette association pour que nous toutes, atteintes d’endométriose, ayons le droit aux meilleurs spécialistes en Suisse et que cette maladie aux divers symptômes ne soit plus banalisée et qu’elle porte un nom.


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Site Web endometriosis.org